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Conférence ministérielle UpM sur l’Energie, 11 décembre 2013 à Bruxelles

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© European Union
12/12/2013
Les Ministres de l'Energie de l'Union pour la Méditerranée (UpM) se sont réunis le 11 décembre 2013 à Bruxelles. Les discussions ont porté sur les moyens de renforcer la coopération énergétique régionale. La réunion a été co-présidée par le commissaire européen à l'Energie Günther OETTINGER et le ministre jordanien de l'Energie et des ressources minérales Mohammad HAMED.

 
Les thèmes abordés lors de la Conférence
 
 
Lors de la Ministérielle UpM Energie du 11 décembre 2013, de nombreuses délégations ont fait part de leur soutien à l’idée d’une “Communauté méditerranéenne de l’Energie”. Le Secrétariat de l’Union pour la Méditerranée (UpM) précisera progressivement le concept en liaison avec toutes les parties concernées, et en mettant notamment l’accent sur la valeur ajoutée que représenterait une telle Communauté. Dans cette perspective, le Commissaire OETTINGER a confirmé que le Secrétariat de l’UpM s’engage à préparer un document définissant les objectifs politiques communs et détaillant les mécanismes à envisager pour mettre en place la Communauté méditerranéenne de l’Energie. Les questions de souveraineté nationale ont été soulignées.

 
Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération régionale de l'énergie afin d'assurer un approvisionnement énergétique sûr, durable et abordable, et une amélioration de l'efficacité énergétique dans le bassin méditerranéen. L'objectif sous-jacent de cette coopération est à la fois de favoriser le développement socio-économique, et de contribuer à la transition vers le bas carbone. Certaines délégations ont insisté sur les problèmes notamment énergétiques que la région connait, tout en soulignant que cela ne doit pas interrompre un travail de coopérations multilatérales. Une stratégie régionale est plus à même de relever les défis de sécurité, de flexibilité et d’efficacité. L’intégration régionale, la sécurité et le développement posent des enjeux et risques que les acteurs économiques ne peuvent assurer de manière isolée. Il est apparu clairement qu’une volonté politique claire est nécessaire pour mettre en place une Communauté méditerranéenne de l’énergie.

 
La réunion ministérielle a également fait le bilan du travail accompli sur le Plan solaire méditerranéen, qui devrait exploiter l'énorme potentiel de la région. Les ministres ont évoqué le développement d'un marché régional de l'électricité, en soulignant la nécessité d'investir dans des connexions électriques transfrontalières et des infrastructures de transport d’une part, et de faire converger les  cadres réglementaires d’autre part. La réunion a souligné l'importance des investissements du secteur privé dans les énergies renouvelables, notamment via des partenariats public-privé.
 

 
Des prises de parole substantielles
 
Dans leurs propos introductifs, les co-présidents ont rappelé l’enjeu majeur que représente la coopération énergétique méditerranéenne afin d’assurer la sécurisation des approvisionnements, dans un contexte de forte augmentation de la demande à prévoir d’ici 2020, et alors que les besoins énergétiques sont évalués à 30 milliards d’euros par an dans la région MENA.

 
Le Secrétaire général de l’UpM, Fathallah SIJILMASSI, a fait une présentation des différents objectifs du Plan solaire méditerranéen (PSM) : mise en place de cadres législatifs, réglementaires et institutionnels adaptés au développement massif des énergies renouvelables ; prévention et gestion des risques ; développement de mesures d’efficacité énergétique ; facilitation du développement des interconnexions électriques ; promotion de la coopération technologique via la création de pôles et de réseaux de compétitivité régionaux alliant acteurs industriels et institutions de recherche. Il a ensuite précisé l’agenda du Secrétariat sur le dossier énergétique. Le Secrétariat reprendra les recommandations faites dans ces études et agira comme une force de proposition, identifiant les projets pertinents pour le développement des énergies renouvelables. La priorité devait être accordée à l’échange de connaissances, au renforcement du partenariat avec les institutions financières internationales et au développement de projets concrets.

 
Le Vice-président de la BEI, Philippe DE FONTAINE-VIVE, a renouvelé son engagement envers le PSM. Il a rappelé que 40% des activités de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) en Méditerranée (qui s’élèvent à 14 milliards d’euros sur les dix dernières années), avaient été consacrés au secteur énergétique. La BEI a notamment élaboré, en collaboration avec la Commission européenne et l’UpM, une Initiative de préparation des projets du Plan solaire méditerranéen (IPP-PSM) qui vise à accélérer la mise en œuvre d'investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique dans sept pays partenaires méditerranéens : Algérie, Égypte, Gaza-Cisjordanie, Jordanie, Liban, Maroc et Tunisie.

 
Le président de l’OME, Bruno LESCOEUR, a rappelé le vif intérêt qu’il y a à approfondir le dialogue politique et renforcer le partenariat énergétique en Méditerranée et a rappelé qu’avec la promotion de l'efficacité énergétique, la zone méditerranéenne pourrait diminuer de moitié sa dépendance énergétique et multiplier par deux ses exportations d'hydrocarbures.
 
Les présidents des associations des régulateurs (Medreg) et des opérateurs (Med TSO), respectivement Michel THIOLLIERE et Noureddine BOUTARFA, ont rappelé les principes directeurs de leur action : favoriser l’intégration des marchés, encourager l’échange des bonnes pratiques et travailler sur la protection des consommateurs. Il est intéressant de noter que la Libye a récemment intégré le réseau Medreg.

 
La France a remercié le Secrétariat pour sa pour feuille de route très structurée et a salué l’ensemble des travaux menés depuis trois ans dans le cadre du PSM  par de nombreux acteurs, notamment MEDREG, MEDTSO, OME, MEDGRID et MEDENER. La mise en place d’une dynamique énergétique ambitieuse au sein de l’UpM connaîtrait une nouvelle impulsion grâce au développement des énergies renouvelables dans le cadre du PSM. La France a évoqué la nécessité de continuer à progresser vers la convergence des cadres réglementaires nationaux et l’intégration des systèmes énergétiques. Elle a rappelé la nécessité de renforcer les interconnexions, ce qui était souligné dans la Déclaration des Chefs d’Etat français et espagnol lors du récent Sommet franco-espagnol (27 novembre 2013).
 
 
 
Lors de la 13ème Conférence FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat), tenue le 10 décembre 2013, et organisée autour du thème de l'efficience énergétique, Philippe DE FONTAINE-VIVE, Vice-président de la BEI et organisateur, a constaté que les ministres du sud disposent exactement du même agenda que leurs homologues européens concernant l'efficience énergétique et que de plus, ce sujet emporte l'adhésion des ministres des Finances et de l'Énergie.
 
 

- Multi-pays -
Projet associé : Plan Solaire Méditerranéen
Date de mise à jour : 26/12/2013