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La Méditerranée au Salon International de l’Agriculture

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© Salon International de l'Agriculture 2014
24/02/2014
En 2014, la 51ème édition du Salon International de l’Agriculture (SIA) a inauguré un cycle de conférences internationales dont la Méditerranée a constitué le premier objet.

Organisé Porte de Versailles à Paris, du 22 février au 2 mars 2014, cette manifestation est traditionnellement organisée autour des quatre univers de l’élevage et ses filières, de la gastronomie, des cultures et filières végétales et des services et métiers de l’agriculture.
 
C’est le thème « Développer les partenariats agricoles et alimentaires en Méditerranée » qui a retenu cette année l’attention du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt et de l’Institut de Prospective Economique du monde Méditerranéen (IPEMed), promoteurs de cette rencontre. Organisée en trois sessions thématiques portant sur le « Produire ensemble en Méditerranée », le « Label méditerranéen », l’ « Agriculture familiale »  et une session plus politique consacrée à la « Sécurité alimentaire et au développement agricole en Méditerranée », celle-ci a donné l’opportunité à un public averti de responsables politiques, institutionnels, techniques, professionnels, associatifs et de la recherche de partager leurs convictions, souhaits, attentes face à quelques-uns des principaux défis qu’ont à relever les agricultures et agriculteurs méditerranéens.
 
Produire ensemble en Méditerranée : co-développement et filières territorialisées 
 
La session « Produire ensemble en Méditerranée : co-développement et filières territorialisées » a, à partir de l’examen des filières céréales et viande bovine, montré combien les pays du Nord et du Sud de la Méditerranée avaient partie liée pour assurer, dans la durée, la sécurité alimentaire de la région.
 
Si les rendements des principales céréales cultivées au Sud de la Méditerranée se sont, en effet, améliorés au cours des dernières années, ils restent cependant  instables puisque liés aux conditions pluviométriques et très en deçà de ceux observés sur la rive Nord. Il en résulte un déficit céréalier important et structurel que la croissance démographique attendue pourrait, dans l’avenir, encore contribuer à accentuer. D’importants efforts doivent donc être consentis pour mettre en valeur les terres cultivables, améliorer les chaines logistiques et de savoir, ainsi que pour mieux structurer les filières de production et conforter les organisations professionnelles. Cette recherche d’une plus grande performance agronomique, mais également économique et écologique, plaide pour des partenariats renouvelés et renforcés entre pays du Nord et du Sud de la méditerranée.
 
Ce constat vaut également pour la filière viande bovine qui reste largement déficitaire compte tenu de la vocation essentiellement laitière du cheptel. Il en découle une demande forte en matière d’amélioration génétique des troupeaux que la diversité des races européennes et notamment françaises pourrait aider à satisfaire.
 
Vers un label méditerranéen ? Enjeux au Nord et au Sud et modalités à suivre 
 
La session « Vers un label méditerranéen ? Enjeux au Nord et au Sud et modalités à suivre » a mis en évidence des positions contrastées sur l’opportunité de cheminer résolument vers un label méditerranéen. Si les représentants des pays du Sud ont souligné leur souci de protéger leurs producteurs, leurs savoir-faire et produits d’origine, des voix se sont également fait entendre pour d’abord faire fonctionner les dispositifs existants avant d’envisager la mise en place d’un signe distinctif « méditerranéen » dont les conditions et modalités d’attribution restent largement à inventer.
 
L’agriculture familiale : un atout pour la Méditerranée 
 
La session « L’agriculture familiale : un atout pour la Méditerranée » a appréhendé l’agriculture familiale à travers la relation dialectique qu’entretiennent dans le processus de décision deux unités ; une unité de production et une unité domestique. Il s’est donc  agi non de débattre des différentes formes familiales d’agriculture en Méditerranée ou d’en décliner les caractéristiques propres notamment en matière de surfaces ou de spéculations mais de signifier le rôle considéré comme déterminant de l’agriculture familiale pour la sécurité alimentaire, la préservation de l’emploi, la vitalité des espaces ruraux, la meilleure gestion des ressources rares telles que l’eau, les sols voire la biodiversité ainsi que pour les équilibres sociaux. La sécurisation du foncier, l’accès au crédit, une meilleure prise en compte des questions de genre ont été considérés comme des éléments essentiels pour une plus forte insertion de l’agriculture familiale dans les circuits d’échanges.
 
La sécurité alimentaire et le développement agricole en Méditerranée 
 
La session finale présidée par le Ministre français de l’Agriculture, Stéphane LE FOLL, a été l’occasion pour le Ministre algérien de l’agriculture et du développement rural, Abdelwahab NOURI, de rappeler les différentes étapes du développement agricole de son pays, des progrès enregistrés en matière de production et de productivité mais également ceux très importants restant à accomplir pour contenir les déficits notamment céréaliers. Dans cette perspective, il a, avec Stéphane LE FOLL, plaidé pour une fluidification des échanges entre les différentes rives de la Méditerranée, notamment en matière de recherche, de formation, de suivi des marchés soulignant, comme le directeur général de la FAO et le secrétaire général du Centre International des Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes (CIHEAM), que la lutte contre l’insécurité alimentaire ne pouvait relever que d’une approche collective. Dans cette perspective, le Président de la Commission agriculture du Parlement européen a regretté la modestie des investissements de l’Europe en matière de recherche agricole. Au-delà, le secteur privé, à travers le Président de la FNSEA, s’est déclaré déterminé à contribuer, certes à travers les échanges de produits mais également via l’appui aux filières, à jouer tout son rôle en matière de sécurité alimentaire de la région, observant qu’en la matière, l’aval des filières aurait vraisemblablement un rôle moteur à jouer.
 
C’est, au total, le rôle central de l’agriculture et du développement des espaces ruraux pour le développement de la région « Méditerranée » dans son ensemble et pour sa plus grande intégration qu’aura rappelé cette conférence. Et c’est sur cette réalité qu’il conviendra, aussi, de construire l’avenir de l’espace méditerranéen.

- Multi-pays -
Date de mise à jour : 07/03/2014